Film de Robert Z. Leonard (1940)
Avec Laurence Olivier et Greer Garson.


Orgueil et Préjugés (Pride and Prejudice) est un film américain réalisé par Robert Z. Leonard, sorti en juillet 1940 aux États-Unis.

Le scénario est co-écrit par Jane Murfin, une des scénaristes attitrées des comédies de la Metro-Goldwyn-Mayer, et l'écrivain britannique Aldous Huxley, dont le nom est supposé servir de caution littéraire. En effet, le film ne s'inspire pas directement du roman d'origine, publié en 1813, mais d'une adaptation théâtrale à succès, Pride and Prejudice, A Sentimental Comedy in Three Acts (« Orgueil et Préjugés, comédie sentimentale en trois actes ») de l'Australienne Helen Jerome, créée aux États-Unis fin 1935. Cette adaptation obéit à deux tendances : la volonté de restituer l'ironie de Jane Austen, et celle d'obtenir l'atmosphère légère caractéristique des comédies romantiques de l'âge d'or hollywoodien. C'est ce qui explique des simplifications dans le déroulement de l'action et d'autres différences notables entre le film et le roman, comme la suppression de la visite de Pemberley par l'héroïne et la transformation finale de Lady Catherine de Bourgh en un personnage plutôt sympathique.

Les rôles de Darcy et d'Elizabeth Bennet sont tenus par deux acteurs bien connus des théâtres londoniens: Laurence Olivier, auréolé de ses premiers succès hollywoodiens, et Greer Garson, la nouvelle star de la MGM.

Le film a été intégralement tourné dans les vastes studios de la MGM entre février et mai 1940. Il s'agit de la première tentative d'adaptation cinématographique de ce grand classique de la littérature anglaise. Il faut attendre 2005 pour voir la seule autre adaptation au cinéma, par Joe Wright, avec Keira Knightley et Matthew Macfadyen, même si le roman a fait entre-temps l'objet de fréquentes adaptations télévisuelles.

Synopsis :

À Longbourn, en Angleterre, dans un XIXe siècle de convention, vit la famille Bennet. L'arrivée de deux riches célibataires dans les environs aiguise l'appétit des mères, en particulier celui de Mrs Bennet qui a cinq grandes filles à marier. Si Mr Bingley est vite attiré par la douce Jane, Mr Darcy méprise la population locale. Elizabeth, ne supportant pas son snobisme qu'elle prend pour de l'arrogance, le prend en grippe. Il tombe amoureux d'elle, se résout à demander sa main, mais elle le repousse avec colère. Quand elle comprend qu'elle l'aime aussi, il est trop tard : le comportement de Lydia a mis la famille au ban de la société. L'intervention de Darcy la sauve finalement du déshonneur et l'amour d'Elizabeth est sa récompense.


Résumé :

Après le générique apparaît un texte en surimpression sur un décor en grisaille : « Cela se passe dans la vieille Angleterre... dans le village de Meryton », puis une succession de quatre gravures tenant lieu de didascalies initiales. Pour chaque lieu sont signalés, avec une musique de circonstance, « ceux qui y habitent » et les acteurs qui les interprètent dans l'ordre d'importance : le spectateur sait ainsi qu'à Meryton vivent Wickham, Denny, Sir William Lucas, Lady Lucas, Mrs Philips ; à Longbourn, habitent Elizabeth, Jane, Mary, Kitty, Lydia, Mrs et Mr Bennet ; à Netherfield logent Mr Darcy, Miss Bingley et Mr Bingley ; à Rosings enfin, sont rattachés Lady Catherine de Bourgh, Miss de Bourgh, Mr et Mrs Collins.

Meryton, Netherfield et Longbourn

À travers la vitrine de la boutique de Meryton où elle se trouve avec Jane et Elizabeth, ses deux aînées, Mrs Bennet voit passer une élégante calèche : c'est celle de deux riches célibataires, Mr Bingley (qui vient d'emménager à Netherfield avec sa sœur) et Mr Darcy. Aussi se hâte-t-elle de récupérer ses trois autres filles, Mary chez le libraire (où elle a acheté l'Essai sur le Sublime et le Beau de Burke), Kitty et Lydia devant un spectacle de marionnettes avec deux officiers (Wickham et Denny), et de rentrer à Longbourn pour obliger son mari à aller se présenter à Netherfield. Sa calèche fait la course avec celle de Lady Lucas, aussi pressée qu'elle.

Mr Bennet se moque de la précipitation de sa femme... avant de signaler qu'il connait Bingley depuis qu'est signé le bail de Netherfield et qu'il lui a donné des billets pour le prochain bal de Meryton. Au bal, Wickham danse avec Lydia et se fait présenter à Elizabeth. Arrivent les Bingley. Charles se fait présenter à Jane par Sir William Lucas et Darcy, dont on apprend que la mère était noble, valse seulement avec la fière Miss Bingley. On le trouve prétentieux. Lydia et Kitty s'enivrent, Caroline Bingley invite Jane à venir à Netherfield, car elle s'y ennuie. Elizabeth, qui, faute de cavalier, s'est isolée pour bavarder avec son amie Charlotte Lucas, entend Darcy dire à Bingley qu'il n'a aucune envie de danser avec elle : elle est certes « assez acceptable », mais il n'est « pas d'humeur, ce soir, à [s]'intéresser aux divertissements des classes moyennes ». Plus tard cependant, il veut l'inviter, mais elle lui affirme : « Même se tenir debout près de vous serait insupportable », et lui fait l'affront d'accepter l'invitation de Wickham. En voyant ce dernier, Darcy se fige et se détourne, puis les regarde danser, l'air sombre. Wickham prévient Elizabeth que Darcy a commis une terrible injustice à son égard, sans préciser davantage.

Jane se prépare à aller à Netherfield en calèche, mais, voyant le temps menaçant, sa mère l'oblige à y aller à cheval. Elle s'enrhume, on la soigne, Charles lui traduisant obligeamment les termes médicaux, avant de descendre accueillir Elizabeth qui arrive, crottée et la robe boueuse. Darcy demande à Caroline, choquée qu'elle arrive seule, comment on peut trouver « choquant qu'une jeune femme s'inquiète pour sa sœur ». Le soir, au salon, on joue aux cartes, on évoque la bibliothèque de Pemberley... Miss Bingley énumère les accomplishments indispensables et Darcy, qui écrit à sa sœur Georgiana, ajoute « cultiver son intelligence par de nombreuses lectures ». Elizabeth ferme alors vivement son livre, annonce qu'elle doit rentrer à cause de l'arrivée imminente du cousin de son père, et Bingley promet d'organiser un bal.

Mrs Bennet est allée chercher Jane à Netherfield et Mr Collins est enfin arrivé. Il trouve grâce à ses yeux dès qu'il parle mariage. Jane étant « pratiquement fiancée », il jette son dévolu sur Elizabeth.

Au cours de la garden-party à Netherfield, Darcy aide Elizabeth à échapper aux assiduités de Collins, puis l'invite à une séance de tir à l'arc. Elle est meilleure que lui et il accepte en souriant sa défaite, mais refuse de lui répondre quand elle lui demande la raison de son attitude envers Wickham : « Un gentleman n'a pas à expliquer son comportement, on doit le féliciter pour son sens de l'honneur et son intégrité ». Blessée peu après par de méchantes remarques de Caroline sur le « brillant » comportement de sa famille, elle s'isole mais Darcy la rejoint, lui affirmant que son « ressentiment devant ce qu' [elle croit] être une injustice » est une preuve de courage et de loyauté, et qu'il aimerait avoir un ami capable de le défendre comme elle a défendu Wickham. « Vous êtes très déroutant, Mr Darcy », lui dit-elle alors, « à cet instant il est difficile de croire que vous êtes si orgueilleux ». En lui retournant son sourire, il réplique : « À cet instant il est difficile de croire que vous avez tant de préjugés. Ne pouvons-nous jeter l'éponge et reprendre au début ? ». Retournant ensemble vers la maison, ils surprennent Mrs Bennet confiant ses espérances matrimoniales à Lady Lucas, Kitty éméchée et Lydia hilare entre Denny et Wickham. Il se recule, scandalisé et dégoûté. Irritée par ce « snobisme », Elizabeth accepte de rentrer danser avec Collins, il reste dehors et ils se lancent des regards noirs à travers la croisée. Le lendemain, elle rêve à sa fenêtre, puis Collins fait sa demande en mariage et le refus catégorique d'Elizabeth est soutenu par son père. Plus tard Mrs Bennet ouvre, sous le regard choqué de Lydia et désapprobateur de Mary (qui évoque la Magna Carta), une lettre adressée à Jane, persuadée que c'est la demande en mariage de Bingley, mais c'est l'annonce de son départ. « Elle l'a perdu, on en a perdu deux ! », s'écrit-elle. Wickham arrive, tout joyeux de la « bonne nouvelle » du départ de Darcy que « sa conscience a fait partir ». Il confie à Elizabeth que Darcy, refusant de respecter la volonté de son père, ne lui a pas versé la rente qui lui aurait permis d'entamer la carrière ecclésiastique qu'il souhaitait embrasser, puis il sort, emmené par Denny, Kitty et Lydia. Jane est partie pleurer dans sa chambre, Elizabeth la rejoint et lui explique que « Caroline refuse de voir son frère se marier dans une famille de si basse extraction ». Elle se dit ravie du départ de Darcy. Les Lucas viennent alors annoncer les fiançailles de Collins avec Charlotte, qui, bien décidée à devenir maitresse de maison à Hunsford, combat les réticences d'Elizabeth et l'invite à venir dans le Kent la voir dans sa nouvelle demeure.


Fiche technique :


Distribution :

Greer Garson
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Elizabeth Bennet
Laurence Olivier
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Mr Darcy
Mary Boland
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Mrs Bennet
Maureen O'Sullivan
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Jane Bennet
Edna May Oliver
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Lady Catherine de Bourgh
Ann Rutherford
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Lydia Bennet
Frieda Inescort
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Caroline Bingley
Edmund Gwenn
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Mr Bennet
Karen Morley
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Charlotte Collins
Heather Angel
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Kitty Bennet
Marsha Hunt
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Mary Bennet
Bruce Lester
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Charles Bingley

Quelques images :


Elizabeth Bennet

Mr Darcy

Jane Bennet

Mary Bennet

Lady Catherine de Bourgh

Caroline Bingley

Mr Bennet

Charlotte Collins

Dernière minute !

Ce film a été tourné en noir & blanc en 1940.
Depuis il a bénéficié d'une "colorisation" et a été diffusé en couleurs sur une chaine de télévision italienne.
En voici quelques images: (Merci à MissGreerGarson.com)

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© Millesime 57
Sources photos: MissGreerGarson.com
Sources photos: Wikipedia
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