Un téléfilm de Iain B. Mac Donald (2007)

Diffusé sur ITV le 18 mars 2007

Drame/Romance/Classique

Durée : 1h34

Scénariste : Maggie Wadey


Distribution :


Jemma Redgrave

Lady Bertram

Maggie O'Neill

Sir Thomas Bertram

Sheila Gish

Mrs. Norris

Billie Piper

Fanny Price

Blake Ritson

Edmund Bertram

James D'Arcy

Tom Bertram

Michelle Ryan

Maria Bertram

Rory Kinnear

M. Rushworth

Catherine Steadman

Julia Bertram

Hayley Atwell

Mary Crawford

Joseph Beattie

Henry Crawford

Joseph Morgan

William Price


Synopsis :


Cette version de Mansfield Park étant plus récente, il m'a été facile de la trouver en version française. Je vous le confirme, c'est beaucoup plus simple à comprendre que les deux adaptations précédentes. Le film est relativement court : à peine 94 minutes. Cette durée a bien sûr obligés les scénaristes à revoir sérieusement leur copie. De nombreux passages du livre sont purement et simplement supprimés et ils ont fait de cette adaptation un film que l'on peut qualifier de sentimental, l'intrigue amoureuse prenant facilement le pas sur le reste de l'histoire.

Les personnages principaux sont bien entendus présents mais les raccourcis du scénario en font aisément des personnages sympathiques alors que certains ont des rôles très durs dans le livre de Jane Austen.

La modernité du film et le traitement de l'intrigue peuvent surprendre quelque peu les puristes de l’œuvre initiale mais le film reste malgré tout très agréable à regarder.

Je suis une fan absolue de Jane Austen et je commence à connaître par cœur certains passages de ses livres. Je pense que l'adaptation de Iain B. Mac Donald a sûrement surpris beaucoup de spectateurs. En effet il manque beaucoup de scènes et même des personnages importants du livre mais cela n'altère pas la qualité de l'intrigue. Le scénariste n'a pas été fidèle au livre mais il a respecté l'esprit du roman de Jane Austen et c'est le principal.

Il y a eu, je l'ai lu dans la presse et sur le net, un vrai problème avec le choix de l’héroïne Billie Piper pour le rôle de la douce et tendre Fanny. Je m'en expliquerai plus tard. Je dirai simplement que passer après la superbe Frances O'Connor était un vrai défi pour cette actrice. Elle a relevé le défi très honorablement. Ce qui a le plus surpris les spectateurs c'est son look de gamine un peu débraillée. En effet les coiffeurs n'ont pas fait beaucoup d'efforts pour la rendre plus jolie. Ce n'est qu'un détail direz-vous mais regardez attentivement les photos et vous comprendrez ce qui me « chagrine ».

sa cousine au même moment son autre cousine (remarquez les coiffures des autres dames présentes)
A tel point que Henry Crawford dira en sortant de cette visite qu'il a confondu Fanny avec une domestique.

Les personnages et les scènes ajoutés ou retirés par rapport au livre.

La famille de Fanny n'apparaît pas à l'écran à l'exception de son frère William. Il est le fidèle correspondant de sa sœur et elle entretient une relation épistolaire très suivie avec lui. Ils sont très complices et elle lui confie tous ses secrets les plus intimes. Lors d'une escale du navire de William elle lui dira très clairement son amour pour Edmund. Elle lui fait comprendre qu'il y a plusieurs sortes d'amour et qu'il ne doit pas s'inquiéter pour ses sentiments envers lui ou Edmund.

La famille Price est juste évoquée pendant le générique par la petite voix de Fanny enfant.

On la sent malheureuse et triste même si elle n'est pas consciente de la chance qui est la sienne. Elle ressasse en permanence les recommandations de sa mère lui disant « qu'elle doit bien se tenir et se montrer reconnaissante » en permanence.

En ne citant pas du tout la famille Price, le réalisateur efface d'un trait la partie la plus sombre du livre et du même coup on passe quasiment sous silence le problème des différences de classes sociales si présentes dans le livre.

Le docteur Grant et son épouse sont totalement ignorés. De ce fait, l'arrivée des Crawford est surprenante car ils semblent venir de nulle part.

On supposera donc que ce sont de nouveaux arrivants venant visiter la région et faisant par conséquent une visite de courtoisie à la famille noble la plus proche de leur niveau de vie.

Le passage du livre se déroulant dans la propriété de M. Rushworth est totalement éliminé dans le scénario. Il est de fait que cette partie du livre traîne un peu en longueur sans apporter rien de bien important à l'intrigue si ce n'est de mettre en évidence la rivalité entre les deux sœurs Bertram pour essayer de conquérir le bel Henry Crawford. On a placé au cœur du film une ballade des couples plus ou moins formés par les différents personnages. Les deux sœurs Lady Bertram et Mme Norris surveillent les jeunes gens sous le regard doux mais inquisiteur de Fanny. Elle est lucide et se rend compte que son amour caché pour Edmund sera difficile à vivre au quotidien.

Quand Fanny refuse la proposition de mariage d'Henry Crawford, Sir Thomas tout en essayant de la convaincre doucement mais fermement ne lui impose pas un retour à Plymouth.

En effet cette partie très dure du livre pour Fanny, est totalement ignorée. Seule la famille partira pour une visite de quelques semaines laissant ainsi le champs libre à leur voisin Henry Crawford. Cette omission permet de faire de ce film une œuvre plus romanesque et moins cruelle pour l’héroïne.

L'annonce de l’échec du mariage de Mary est totalement différente du livre en raison des raccourcis pris par le scénario qui évince la famille Price. Elle perd en intensité dramatique pour accentuer la fin de la relation de Mary et Edmund au profit de sentiments plus nobles avec sa cousine Fanny.

Le long métrage est en lui même ce que l'on pourrait appeler un film à l'eau de rose.

Pour symboliser les années qui passent le réalisateur profite d'une partie de badminton entre Edmund et Fanny. Au début deux enfants s'amusent et le jeu se termine avec les deux acteurs adultes.

Il est une chose importante qui a disparue dans ce film et c'est ce qui me gêne le plus : c'est l'intégrité morale de Fanny. Elle a un caractère très enjouée, elle est vive, voir moqueuse, avec son cousin et même sa tante Norris est également plus douce que dans le roman. Elle n'aura pas la force morale de la Fanny du roman pour refuser de participer à la pièce de théâtre. Par contre malgré le charme de Henry Crawford elle restera fidèle à son amour pour Edmund.

Les_personnages_masculins :


Sir Thomas Bertram

(Douglas Hodge)

Est interprété par Douglas Hodge un très brillant acteur. Il a donné à son rôle beaucoup d'humanité faisant de Sir Thomas un homme bon et attentif au bonheur des siens.

Au début du film il est inutilement méchant avec Fanny en lui faisant comprendre qu'il n'espère rien d'elle après son retour d'Antigua mais à la fin du film il se fera pardonner sa méchanceté gratuite.

La joie quand il autorise Fanny à inviter son frère lors de son escale. La peine quand il lui fait comprendre qu'elle n'a acquis aucune classe depuis son arrivée à Mansfield Park.

Il saura avec beaucoup de sensibilité demander à sa fille Maria si elle ne regrette pas le choix de son futur époux, lui faisant comprendre qu'il est prêt à renégocier sa promesse de mariage afin de la libérer de liens qui semblent lui peser en lui disant que même avantageux pour la famille ce mariage ne doit pas la contraindre à sacrifier son bonheur pour autant.

Il a en effet compris au cours du repas à son retour d'Antigua que sa fille est triste et il pense lui être utile en lui proposant de rompre son engagement. Il lui tend la perche en lui demandant si de nouvelles connaissances ne lui faisaient pas regretter sa décision. L’entêtement de sa fille conduira au drame final.

Il semble tout au long du film incapable de dire non à ses enfants en pensant qu'une bonne éducation intellectuelle peut remplacer une bonne éducation morale. Sa faiblesse, il le comprendra, aura été de faire trop confiance à Mme Norris et d'avoir une femme peut-être douce et compréhensive mais totalement incapable d'assumer l'éducation de ses enfants.

Quand William viendra en permission voir sa sœur, il aura la bonne idée d'offrir à Fanny un bal. Il dit lui même qu'il est grand temps qu'il la présente dans le monde.

La réaction de sa tante: Pas question!!! Mais Fanny préférera un pique nique qui correspond mieux à son tempérament fantasque et si déluré. Elle l'embrasse avec gratitude et le sourire de Sir Thomas prouve bien son étonnement devant tant de spontanéité.

Le seul moment ou il essaiera de contraindre Fanny sera après son refus d'épouser Henry Crawford. Il lui fait comprendre qu'elle n'a pas le choix et qu'un tel mariage ne se proposera pas à elle de si tôt. Ses larmes l'émeuvent et il la laisse assez facilement décider toute seule.

Il essaiera d'étouffer lui-même le scandale qu'a provoqué sa fille avec M. Rushworth. Hélas quand l'affaire sera connue de toute la bonne société, il saura prendre la défense de Fanny contre l'attaque vengeresse de Mme Norris en chassant cette dernière délicatement mais sûrement de chez lui. Il reconnaît qu'il souhaitait des filles vertueuses et qu'il n'a eu en fait que des filles ayant de bonnes manières ce qui est loin d'être la même chose. Il se rendra compte à la fin du film qu'avec Fanny il est vraiment gâté car elle a la « classe » qu'aurait dû avoir ses filles.

La scène finale ou Edmund et Fanny arrive enlacé l'un l'autre le surprendra car il ne se doute pas de l'amour de sa nièce pour son fils.

On le voit rayonnant enfin de bonheur lors de leur mariage et les regards complices qu'il a avec Lady Bertram tendent à prouver son amour pour son épouse.

Le thème de l'esclavage et le rôle du planteur exploiteur d'hommes est seulement suggéré lors d'une discussion de Fanny à son retour des Antilles et par sa canne avec une tête en bois d'ébène noir lorsqu'il frappe à la porte de la chambre de Fanny.

Douglas Hodge joue son rôle avec une vraie conviction pour interpréter le sage patriarche responsable mais aussi sait faire montre de délicatesse même quand il devra tenter de convaincre la douce Fanny qu'elle devrait épouser Henry Crawford. Il est l'interprète qui aura eu le rôle le plus sympathique dans les trois versions existantes actuellement de Mansfield Park.

Edmund Bertram

(Blake Ritson)

Blake Ritson a l'immense privilège d'interpréter ce héros charismatique de Jane Austen. Mais passer après le talentueux Jonny Lee Miller est une immense affaire. Il est aussi un acteur austinien et il interprétera le désagréable et prétentieux M. Elton aux côtés du même Jonny Lee Miller dans la version d'Emma de 2009.

Son interprétation de Edmund Bertram est agréable mais très différente des autres. On ressent moins le côté religieux et posé de ce futur homme d'église.

Il est dès le début du film très attaché à sa cousine mais il est aussi très influençable.

Dès l'arrivée des Crawford, on sent qu'il est attiré par Mary.

Il en arrive même à oublier sa cousine au profit de la belle Mary Crawford.

Bien que fidèle à sa décision d'être pasteur, il faiblit très rapidement dans sa résolution de ne pas participer à la pièce de théâtre au grand désespoir de sa cousine

Après le pique nique que son père organise pour Fanny, il lui fait un compliment en lui disant qu'elle est jolie et que c'est l’œuvre de Henry Crawford. Ils regardent tous les deux les étoiles et les yeux de Fanny semblent parler pour elle mais il ne comprend rien.

Quand par mégarde elle effleurera ses doigts il sera le premier à les retirer alors que le joli sourire de Fanny ressemble à une invitation à la tendresse.

Quand il revient après son ordination, il annonce à Fanny qu'il ne veut pas renoncer à Mary car « elle est la seule femme au monde qu'il lui serait agréable d'avoir pour épouse ».

Le pauvre sourire malheureux de Fanny devrait lui ouvrir les yeux !!!

Il lui confirme ce qu'il pense lui aussi : elle aurait dû accepter l'offre de Henry Crawford si elle peut lui rendre son amour. Mais il se rend compte qu'elle n'aime pas le jeune homme mais qu'elle pourrait l'aimer par gratitude car son frère a obtenu son brevet de lieutenant grâce à son intervention. Son cousin lui dit également que son père a cru détecter une faille dans ses sentiments. Elle s'empresse de le détromper.

Quand on ramènera son frère Tom très malade elle sera toujours auprès d'Edmund pour l'aider, le reste de la famille en étant incapable.

A partir de cet instant il commencera à regarder Fanny différemment. En effet plusieurs semaines passées auprès de l'insensible et intéressée Mary ont certainement commencé à lui ouvrir les yeux. Il se rend compte de la douce et délicate présence de sa cousine si dévouée à tous.

En veillant Tom ils discutent auprès du feu.

Il avoue à Fanny qu'il a vu Mary tous les jours mais jamais seule et toujours tenant des propos frivoles. Il avoue qu'elle est bien mieux a Londres qu'à Mansfield Park et qu'elle est toujours à ses yeux une inconnue cherchant querelle en permanence pour le faire changer d'avis. Fanny ne peut qu'avoir un geste furtif de tendresse et elle quittera la chambre de son cousin sous le regard surpris d'Edmund.

Une réflexion de Tom quand il commence à recouvrer une meilleure santé fera réfléchir Edmund : « Fanny est la meilleure fille du monde ». Il quittera à regret la chambre,très troublé de ce que son frère vient de dire.

Quand Sir Thomas annonce la disgrâce de Maria il remarque que Mary Crawford ne semble ni surprise ni franchement choquée de l'annonce.

Il la rejoindra dans un salon ou se déroulera l'explication finale entre eux.

Il demande à Mary si elle n'avait rien deviné. Elle lui annonce que son frère et sa sœur à lui n'ont jamais été discrets dans leur liaison et que s'ils avaient fait un peu attention tout cela en serait resté au stade du simple flirt sans ruiner le mariage des Rushworth.

Cette réflexion aura le don de révolter Edmund qui enfin voit clair dans le jeu libertin des Crawford. Elle le choque également en faisant vulgairement allusion au magot que devait rapporter le mariage avec Rushworth.

Elle l'irritera totalement quand elle s'en prendra à Fanny et qu'elle lui demandera de dire à son père de laisser aller les choses qui devraient finir par se tasser d'elles-mêmes.

Il la congédie assez sèchement malgré ses tentatives de persuasion.

Une nouvelle fois Fanny sera là pour le consoler du départ définitif de Mary. Elle saura l’écouter avec tendresse sans trop espérer en retour.

Ils assisteront ensemble et avec un brin de malice au départ de leur tante Norris.

Il y a une scène très savoureuse peu de temps après. Ils sont tous réunis dans un salon.

Fanny et Lady Bertram brodent toutes les deux et Tom lit son journal hippique.

Edmund lève la tête et semble réellement voir Fanny pour la première fois avec les yeux d'un homme amoureux.

On comprend que Fanny sent son regard sur elle mais elle garde son visage obstinément baissé sur son ouvrage.

Le regard d'Edmund se transforme totalement comme sous le coup d'une émotion violente.

Lady Bertram remarque le changement dans les yeux de son fils et sourit doucement.

La scène suivante aurait fait rougir Jane Austen elle même.

En effet Edmund va rejoindre sa cousine dans sa chambre alors qu'elle se lave les cheveux. Impossible d'imaginer ce genre de situation dans une roman austinien. Il rentre légèrement gêné de la voir ainsi et en oublie ce pourquoi il était venu la voir.

Avec un peu de moquerie elle lui suggère qu'il est peut être venu pour parler de leur ballade à cheval. On sent dans la réaction d'Edmund qu'il voulait parler d'autre chose mais qu'il n'ose pas encore. Fanny en chemise de nuit à côté du feu doit lui offrir un spectacle savoureux qui lui fait perdre le fil de la conversation.

Il hésite, bredouille et a un regard très amoureux que Fanny ne peut pas ne pas voir. Sa cousine le congédie doucement et il va quitter la chambre quand il lui fait une drôle de réflexion : « tu sais ! J'ai toujours aimé cette chambre !!! »

Que veut-il dire par là ??

Sa cousine se retient de sourire mais dès qu'il ferme la porte on la sent triomphante face à la gêne d'Edmund.

Le lendemain il arrive au petit déjeuner bien décidé à lui parler. Sa mère a tout compris et Fanny le fait languir avec une certaine jubilation.

Quand Lady Bertram enverra Fanny chercher de la lavande, il finira par la rejoindre en courant jusqu'au jardin à la grande surprise de Sir Thomas.

Elle essaiera une dernière fois de se dérober mais Edmund l'empoigne et il sera plus que direct pour lui faire comprendre son amour en l'embrassant avec fougue sans autre préliminaire.

Il lui avoue son amour et lui demande pardon pour son aveuglement.

Ils rentrent enlacés et nous ne saurons jamais si Lady Bertram a eu sa lavande.

Ils reviennent tout éperdus l'un de l'autre à la grande joie de Lady et Sir Bertram.

Le film se termine sur le mariage des deux tourtereaux et sur une presque improbable valse sachant que Fanny n'est jamais sortie de Mansfield Park et Edmund n'est pas réputé pour fréquenter les soirées mondaines. De plus danser la valse sur un tapis d'herbe relève de la performance artistique. La valse existait déjà, mais depuis si peu de temps répandue en Angleterre, qu'il semble peu vraisemblable d'inclure ce genre de danse à la place des très courantes danses en ligne.

Enfin nous quittons Fanny et Edmund sur un superbe baiser final.

Que penser de l'interprétation de Blake Ritson ? Si vous avez déjà regardé ce site vous savez que j'aime beaucoup la version de 1999 avec Jonny Lee Miller. J'ai eu la malchance de regarder Blake Ritson après et c'est peut être de là que viennent mes hésitations.

Il joue très bien oui, mais je préfère l'autre version.

A une nuance près. Je trouve cette version d'Edmund beaucoup plus gaie que celle de Jonny Lee Miller. Il a moins de scènes de vraies émotions ou de tristesse. En effet l'histoire édulcore un peu, voir beaucoup, les peines de Fanny et de ce fait il n'a pas à subir la souffrance de sa cousine. Tout au plus il la sait un peu triste mais jamais malheureuse. Il est donc plus difficile de mettre en évidence ses qualités d’acteurs qui sont nombreuses je n'en doute pas non plus.

Il faut lui reconnaître une qualité quand même, il a un joli regard qu'il sait mettre en valeur quand le rôle l'exige et c'est plutôt sympathique à regarder.

Tom Bertram

(James D'Arcy)

Le rôle a été confié à James D'Arcy. Dans cette version du film, il a une présence un peu plus importante.

L'histoire pour les besoins du scénario ayant été très largement revisitée et raccourcie, il fallait donner au rôle de Tom Bertram un peu plus de consistance afin d'amener la fin du film d'une manière ou d'une autre. Il est le parfait dandy des années géorgiennes. Beau, sûr de lui et de son ascendant sur son frère Edmund, il n'a qu'une seule distraction, très ruineuse, les courses.

Quand son père partira pour Antigua, il laissera la gestion du domaine à son frère et partira goûter les joies de la capitale londonienne. Un désagréable contretemps, le décès d'une duchesse contrecarre ses projets de pièce de théâtre et la bienséance lui interdisant de rester dans cette famille en deuil, il revient chez lui et avec la complicité des Crawford, il montera son spectacle quand même.

Il est bel homme et en même temps très froid d'abord. Quand sa sœur lui fera part de son étonnement face à la résistance de M. Crawford, il aura une réponse très cinglante : « un homme comme Henry ne se laisse pas facilement dompter ».

Après son retour à la maison pendant sa maladie, il sera veillé par Fanny.

Quand il commence à recouvrer un peu de force et que sa cousine propose de lui faire la lecture, il dira en présence d'Edmund « Fanny est la meilleure fille du monde ».

Ses quelques mots prononcés en présence de son frère forceront celui-ci à regarder Fanny différemment.

Paradoxalement la réflexion de Tom saura trouver un écho dans le cœur d'Edmund ; ce dernier quittera la chambre de son frère le regard très pensif.

Les qualités d'un acteur se dégagent surtout dans les scènes où les passions sont exacerbées.

Le rôle de Tom ne s'y prête pas. Il sera le faire valoir de son propre frère c'est tout. Le rôle bien que plus étoffé que dans les autres versions ne se prête pas beaucoup à une analyse de fond. Il saura retrouvé la fraîcheur de sa jeunesse pour le mariage de son frère et montrera toute la joie qui est la sienne avec son cousin William suite à ce dénouement.

Ce jeune acteur a une très riche carrière émaillée de très beau rôle et son apparition dans Mansfield Park restera comme une étape dans sa carrière débutante mais on sent déjà dans son regard et dans son jeu, l'expression d'un vrai talent sous employé dans ce rôle.

M. Rushworth

(Rory Kinnear)

Avoir le privilège de jouer ce rôle est une expérience à laquelle Rory Kinnear a bien voulu se prêter. Ce personnage est gentil et ridicule à la fois. Dans cette version, les scénaristes ne l'ont pas affublé d'un rôle de lourdaud comme dans les autres films. Il est plutôt bel homme avec une certaine classe et un physique agréable à regarder.

Il est très empressé auprès de sa fiancé et dès l'arrivée de Henry Crawford, il ne se laisse pas faire et sait se faire respecter dans son rôle de fiancé en titre. Les gestes d'agacement sont fréquents dans leur relation.

Sa participation à la pièce de théâtre reste un moment savoureux car en respectant le livre, les scénaristes ne peuvent éviter de le tourner en ridicule.

Il saura calmer avec délicatesse la fureur de Sir Thomas lors du repas en discutant très tranquillement de ce qui vient de se passer sans craindre d'irriter son hôte.

Après son départ avec son épouse à l'issue du mariage, il disparaît du scénario même si une partie de l'intrigue dépend de lui.

Il a su donner à son personnage une profondeur qui n'apparaissait pas dans les autres versions en ayant une vraie présence lors des scènes où il évolue. Sa filmographie est riche de bon rôle et son air très calme ne nous laisse pas supposer qu'il est un grand connaisseur du fameux agent de sa gracieuse majesté le fameux 007 et l'assistant du non moins fameux M.

William Price

(Joseph Morgan)

Ce rôle important du frère de Fanny a été confié à Joseph Morgan. Il est dans cette version du livre le correspondant principal de sa sœur. Son amour pour elle est évident et ils sont touchants tous les deux quand ils se retrouvent.

Est-ce sa coupe de cheveux ou le col de sa veste d'uniforme qui produisent cet effet. Il a l'air d'un grand gamin et non pas du jeune homme qu'il devrait être. Cela ne gâche en rien son interprétation et ajoute de la fraîcheur dans la vie de Fanny.

On sent qu'il veut savoir sa sœur heureuse tout en étant un peu jaloux de ce qu'elle lui avoue éprouver pour Edmund.

Son côté gai et bon vivant se retrouve lors du repas qu'il prend en famille et ou il raconte la bataille navale qu'il a vécu.

Ce récit donnera l'idée a Henry Crawford de booster sa carrière et ce afin de se rapprocher de Fanny.

En frère aimant, il obtiendra de Sir Thomas que sa sœur soit présentée dans le monde pour son anniversaire et elle aura le plus beau cadeau qu'elle espérait une croix en ambre de lui et la chaîne qui va avec de la part de son cousin.

Il joue a merveille son rôle de grand frère protecteur et son jeu en douceur et en malice est très agréable. Il faut noter aussi le physique très sympathique de ce jeune acteur.

Henry Crawford

(Joseph Beattie)

Le beau jeune premier qui fait tourner les têtes est magistralement interprété par Joseph Beattie. Il est beau, arrogant juste ce qu'il faut, méprisant mais si peu, et finalement il est pris à son propre jeu, il tombe amoureux de la seule qui n'a strictement aucune envie de se laisser émouvoir.

Il essaie par tous les moyens de séduire une des deux sœurs Bertram. La plus jeune est prête à succomber mais sa sœur plus dégourdie sera la toute première à se laisser prendre au jeu de ce jeune libertin.

Mais Henry Crawford est un chasseur. Il aime que ses conquêtes lui résistent et avec Maria c'est trop facile. Lorsque celle ci se mariera et partira en voyage de noce il lira toute la frustration qu'elle éprouve et lui montrera tout le mépris qu'il a pour elle dans un geste de salut ironique et blessant pour la jeune femme.

Après le départ de M. et Mme Rushworth avec Julia, il se rend compte que pour ne pas s'ennuyer il doit trouver une autre victime. Il choisit Fanny alors qu'il regarde cette dernière jouer très joyeusement avec une petite fille. Elle lui montre clairement combien il l'indiffère et c'est ce qui va le pousser à essayer de la séduire.

Même sa sœur ne peut croire qu'il est sérieux quand il lui dit qu'il souhaite être aimé de Fanny.

Lors du repas donner par Sir Thomas pour l'arrivée de William, il comprend comment il peut essayer de séduire Fanny.

Il fera jouer ses relations avec son beau-père amiral dans la marine royale. Après avoir obtenu le brevet de lieutenant pour William, il profitera de l'occasion pour faire sa déclaration à Fanny mais il se heurte à une résistance inattendue et toute les cajoleries du monde ne la feront pas céder. Elle lui dira qu'elle l'a déjà vu à l’œuvre avec une autre et qu'elle ne croit pas un mot de ses serments d'amour.

Le départ de toute la famille ne parviendra pas à la faire changer d'avis. Il essaiera de la convaincre et c'est quand elle esquivera son baiser qu'il renoncera à la poursuivre

C’est le dépit qu'il lui fera commettre l'irréparable avec Maria à Londres.

Joseph Beattie joue son rôle de jeune dandy désœuvré à la perfection. Il est convaincant en jeune amoureux transi et ses regards auraient dû faire fondre de douceur la jolie Fanny si elle n'avait pas eu le cœur trop plein d'amour pour un autre. On ne peut que le féliciter pour la qualité de son interprétation.

Les_personnages_feminins :

Fanny Price

(Billie Piper)

La jeune héroïne du film est jouée par Billie Piper. Comme je l'ai déjà précisé plus haut, elle joue très bien son rôle de jeune ingénue. Ce qui peut surprendre c'est le caractère trop gamin que parfois le scénario lui fait interpréter. En effet ses cavalcades dans les escaliers, ses espiègleries avec les enfants semblent un peu hors de propos quand on, connaît bien le livre.

Fanny est une jeune fille posée et obéissante et dans cette version, ils en ont fait une jeune femme très vive, voir trop vive.

Cela dit je remarque cette grande divergence entre le livre et le film proposé mais malgré tout cela n'est pas gênant.

Son rôle est joué avec beaucoup de finesse et ses moues enfantines font ressortir son jeune âge et sa fraîcheur d'esprit.

Elle aime son cousin Edmund et n'en fait pas mystère à son frère.

Elle reste fidèle à son principe de se tenir à sa place comme sa mère le lui a recommandé et comme sa tante sait le lui rappeler.

A la différence du livre, elle arrive sous la pression de ses cousins et après une remarque toujours aussi aimable de Mme Norris, à se laisser convaincre de jouer dans la fameuse pièce de théâtre.

Elle sera témoin du badinage entre Henry et sa cousine Maria. Cette scène lui fera comprendre le caractère libertin de M. Crawford et son opinion étant faite elle n'en changera pas.

Quand son oncle acceptera l'idée d'un pique-nique, elle se jette a son cou pour l'embrasser avec une joie enfantine et rafraîchissante. Son oncle sera surpris de cette démonstration de tendresse, cela se voit dans son regard.

Après la nomination de son frère au rang de lieutenant de vaisseau, son seul regret est la présence insistante de Henry Crawford qui tente de la convaincre de son amour par tous les moyens.

Même son oncle pour qui elle a une véritable estime ne saura pas la faire changer d'avis.

Mais quand enfin après le retour de Tom et le début de sa guérison elle reverra Edmund, on sent qu'ayant compris que Mary Crawford commence à baisser dans l'estime de son cousin, elle saura tout mettre en œuvre pour le faire changer d'avis.

Elle aura des mines délicatement provocantes et après l'affaire des Rushworth et le reniement de Mary Crawford par Edmund, elle saura se battre pour faire triompher ses sentiments.

Les semaines passent doucement et Edmund ayant fait le deuil de son amour pour Mary, finira par comprendre que la femme dont dépend son bonheur est sous ses yeux depuis longtemps.

Le bonheur triomphant de Fanny est à la hauteur de sa patiente attente. Elle est radieuse et sa joie et son bonheur se communiquent à tous les membres de sa famille.

Billie Piper interprète avec justesse cette Fanny nouvelle génération. J'ai déjà reconnu que je préférais Ma Fanny jouée par Frances O'Connor mais j'ai regardé cette version là avec beaucoup d’indulgence car elle le méritait. Elle joue très bien et même si ses costumes et sa coiffure ne sont pas du tout dans le style de Jane Austen elle n'en est pas moins d'une rafraîchissante beauté.

Maria Bertram

(Michelle Ryan)

Le rôle a été confié à Michelle Ryan. Cette actrice est d'une beauté captivante.

Les costumiers et les maquilleurs ont fait un travail remarquable même si la tâche n'était pas trop difficile en raison du physique de cette jeune femme.

Interpréter Maria est une tâche ambitieuse. En effet il faut être à la fois une jolie jeune fille de bonne famille mais aussi savoir lutter contre les démons de la tentation que représente le bel Henry Crawford.

Dans cette version la lutte entre les deux sœurs pour essayer de charmer leur jeune voisin tourne rapidement à l'avantage de Maria, la jeune Julia n'ayant ni sa beauté ni son audace.

Quand Julia surprendra le flirt entre Maria et Henry, elle n'aura pour seule réponse que de pleurer et de s’enfuir.

La résistance de Henry finira par faire accepter le mariage avec M. Rushworth même après l'intervention de Sir Bertram qui a compris que sa fille n'est pas éprise de lui.

Elle subira un véritable affront le jour de son mariage quand Henry Bertram lui adressera un petit salut ironique derrière la baie vitrée du salon.

Il est difficile de savoir s'il se moque d'elle, s'il lui souhaite du bonheur ou encore s'il lève son verre à leur future rencontre.

Dès qu'elle quitte la propriété de son père elle disparaît du film même si c'est par elle qu'arrivera le scandale.

Les scénaristes ont su faire évoluer son personnage en quelques images. Quand on la voit au début du film, elle est une simple jeune fille de bonne famille qui est fiancée avec le jeune homme que tout le monde souhaite lui voir épouser.

Quelques heures après quand elle rencontre Henry Crawford, elle subit le choc de sa vie et tombe éperdument amoureuse de lui. Il aura beau lui préférer un temps sa cousine Fanny elle finira par se laisser séduire. Elle se transforme de jeune ingénue en une jeune femme très sûre d'elle ayant une classe et une élégance extraordinaire.

Michelle Ryan a su donner toute la magie qu'il fallait à son rôle mais sa présence dans ce film est malgré tout très courte pour pouvoir juger de ses vrais qualités d’interprétation.

Julia Bertram

(Catherine Steadman)

Dans cette version le rôle est tenu par Catherine Steadman. Il s'agissait de son premier rôle au cinéma et elle a réussi son examen de passage sans problème. Julia essaiera un temps de lutter contre sa sœur mais elle se retirera de la course au mari très rapidement. Elle accompagnera sa sœur en voyage de noce et là s’arrête son rôle dans cette version de l'histoire.

Son rôle est trop court pour pouvoir analyser son jeu et sa filmographie depuis ce tournage donnera de meilleures indications sur ses qualités d'actrice.

Mrs. Norris

(Maggie O'Neill)

La désagréable tante Norris est interprétée par Maggie O'Neill. Ce film en raison des raccourcis de l'histoire est plutôt un film à l'eau de rose. De ce fait les scénaristes n'ont pas pu faire de cette chère tante Norris, l'abominable mégère qu'elle est dans le livre. Elle paraît parfois tellement « douce » qu'on aurait envie de lui dire de se bouger un peu.

Par contre quel repos pour notre Fanny. Elle n'est pas méchante comme dans le livre cela ne l'empêche pas de faire toutes sortes de réflexions désagréables.

Dès le début on nous montre une Mrs Norris qui fait partie intégrante de la famille très proche des filles et de Lady Bertram.

En plus des humiliations quotidiennes elle sera la première à faire une réflexion désagréable à Fanny quand elle tentera de refuser de participer à la pièce de théâtre.

Elle sera très satisfaite du mariage de sa petite préférée Maria.

Elle s'opposera avec force au pique-nique de Fanny. Quand elle se rendra compte que Sir Thomas maintient la petite fête elle n'aura de cesse de la rabrouer.

Lors de cette fête elle aura toujours un air renfrogné qui montre a quel point elle la réprouve.

Elle ne sera d'aucune utilité quand Tom sera malade et elle reprochera à Fanny la déchéance de sa chère Maria.

Quand elle essaiera de plaider la cause de sa nièce elle aura la désagréable surprise de voir Sir Thomas la renvoyer sans aucun état d'âme.

Cette actrice au physique agréable a eu la lourde tâche d'interpréter ce rôle avec une certaine finesse. Elle est très crédible dans son personnage et elle ne dégage pas cette méchanceté que nous attendons tous de Mrs Norris. Elle en arrive presque à faire pitié quand elle est chassée de Mansfield Park.

Mary Crawford

(Hayley Atwell)

Hayley Atwell a le charme nécessaire pour ce rôle de jeune femme libertine et effrontée.

Elle est belle et même s'il lui reste un semblant de morale elle ne peut concevoir la vie que comme une vaste plaisanterie ou l'argent et le flirte se confondent intimement.

Elle saura attirer dans ses filets le tendre et gentil Edmund. Elle essaiera tout pour qu'il change d'avis et renonce à entrer dans les ordres mais toutes ses cajoleries ne sauront le détourner de ce qu'il considère comme son devoir.

Le seul moment ou sa morale se rappellera à elle sera quand elle comprendra que son frère essaie de séduire la jeune Fanny. Mais cela sera très furtif.

Quand elle reviendra à Mansfield Park après le scandale déclenché par son frère, elle aura la désagréable surprise de voir Edmund se retourner contre elle.

En effet il n'acceptera pas sa frivolité quand elle lui fera remarquer qu'un peu de discrétion de la part de sa sœur et Henry aurait pu éviter les problèmes.

Sa disgrâce finale viendra au moment même ou elle attaquera Fanny qui aurait dû selon elle accepter son libertin de frère. Elle sera tellement surprise qu'elle en restera quasiment sans voix.

Cette jeune actrice joue à merveille de son charme et elle sait avoir des expressions très mutines pour essayer d'obtenir ce qu'elle veut.

Son attitude avec Edmund n'est, dans cette version, jamais dictée par l'amour mais par une volonté de se faire désirer et de le faire changer d'avis. Eut-elle réussi qu'elle n'aurait certainement pas épousé un jeune pasteur. C'est une jeune femme aussi dangereuse que son frère pour les sentiments de tous les membres de Mansfield Park.

J'ai beaucoup aimé son jeu et je dois reconnaître que cette jeune actrice est superbe.

Lady Bertram

(Jemma Redgrave)

Dans ce film, Jemma Redgrave interprète la douce Lady Bertram. Contrairement aux autres adaptations de ce livre, Lady Bertram est une femme indolente mais qui a un sens de l'observation très aigu.

Elle semble souvent être ailleurs mais elle est très sensible au bien être des siens et de Fanny en particulier à laquelle elle est très attachée

Elle saura découvrir peu à peu les sentiments qu'éprouve Fanny pour son fils et elle aura aussi une heureuse idée en envoyant sa nièce cueillir de la lavande.

Quand elle voit les deux tourtereaux enlacés elle appelle Sir Thomas qui tombe des nues devant le jeune couple. Le tendre baiser qu'elle échange avec Sir Thomas montre à quel point elle est attachée à son mari.

Pour une fois l'actrice joue avec finesse et délicatesse cette Lady qui n'a pour seul but dans la vie que le bonheur des siens. Cette descendante d'une grande lignée d'acteurs a su rendre à Lady Bertram un peu de classe et d'élégance en faisant d'elle une femme plus douce qu'indolente et plus sensible qu’effarouchée.

Elle est mon interprète favorite pour ce rôle.

Mon avis général sur le film :

Ce film est très agréable à regarder mais il est dans l'esprit des films sentimentaux que nos chers et tendres appellent des films à l'eau de rose, Et bien tant pis j'assume, je suis fleur bleue, j'aime les belles histoires d'amour et le happy end qui va toujours avec. Je préfère toujours la version de Patricia Rozema même si l'histoire est plus dure et plus violente pour Fanny.

Mais c'est la version de 1999 qui se rapproche plus du livre. L'intrigue sentimentale dans la version de 2007 avec Billie Piper est émouvante mais l'histoire d'amour est connue dès le début et notre Fanny n'est pas aussi chahutée par la vie que dans l’œuvre de Jane Austen.

Les héros sont plus lisses et moi caricaturaux que dans le roman. L'histoire a été tellement édulcorée qu'il ne reste plus grand chose de l'étude sociale et historique du livre.

Cette histoire pourrait se passer de nos jours dans un décor différent sans que cela ne dérange beaucoup. L'histoire n'est pas totalement respectée mais l'esprit du livre est là. Seul petit reproche le caractère des personnages est trop doux et on ne retrouve pas le rapport de force qu'il y a naturellement entre la famille Bertram et Fanny.

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