Une série en 6 épisodes de David Giles (1983 - BBC)
Scénario de Kenneth Taylor.

D'après le roman de Jane Austen.


Distribution :

Sylvestra Le Touzel

Fanny Price

Nicholas Farrell

Edmund Bertram

Bernard Hepton

Sir Thomas Bertram

Samantha Bond

Maria Bertram

Liz Crowther

Julia Bertram

Anna Massey

Mrs Norris

Jackie Smith-Wood

Mary Crawford

Robert Burbage

Henry Crawford

Angela Pleasence

Lady Bertram

Jonathan Stephens

James Rushworth

Christopher Villiers

Tom Bertram

David Buck

M. Price

Alison Fiske

Mrs. Price

Allan Hendrick

William Price

Robin Langford

M. Yates

Eryl Maynard

Susan Price

Jonny Lee Miller
(Au premier plan)

Charles Price

Katy Durham-Matthews

Fanny jeune

Alex Lowe
(A gauche)

Edmund jeune

Synopsis :

Mansfield Park est une série tournée par la BBC, en 1983. Réalisé en 6 épisodes d'environ 51 à 53 minutes, il est aujourd'hui disponible en DVD, mais pas en version française.

La réalisation a été confiée à David Giles et le scénario à Kenneth Taylor.

Résumé :

Les deux acteurs principaux sont Sylvestra le Touzel dans le rôle de Fanny Price et Nicholas Farrell dans celui de Edmund Bertram.

Il est difficile de trouver quelques choses de différents dans l'adaptation en elle même tant le film est fidèle au livre de Jane Austen. Dans les années 1980 la BBC a rendu un vrai hommage à l’œuvre de Jane Austen en créant des mini-séries reprenant ses livres. Le résultat est souvent surprenant.

Je m'explique.

Le scénario est tellement fidèle à l’œuvre que les surprises sont rares. Ce qui peut surprendre, voir choquer c'est le casting.

Cette version de Mansfield Park en est l'exemple même.

Tous les connaisseurs du livre sont d'accord pour reconnaître que Fanny Price est une jeune fille timide et très respectueuse non seulement d'elle même mais aussi des autres et des bonnes manières. Jane Austen l'a décrit comme quelqu'un de sensible et de santé fragile. Il est également de notoriété publique que Edmund Bertram est considéré comme un jeune homme charmant et agréable ayant un cœur généreux. Il prend sous son aile la douce Fanny pour la protéger de la dureté de son père et de la cruauté à peine déguisée de sa tante Norris.

Alors je me pose une question !

Pourquoi ce casting pour Fanny et Edmund ?

Je n'ai rien contre Sylvestra le Touzel ou Nicholas Farrell en particulier. Ils ne sont pas particulièrement beaux mais pourquoi les affubler de cet air triste pour Fanny et de ce teint rougeaud pour Edmund. Les moments dans le film ou ils sont mis réellement en valeur sont très rares.

Voici les photos des deux héros jeunes et leurs portraits quelques années plus tard. La transition est sympathique mais après les maquilleurs se sont laissez aller.

Presque tous les autres acteurs sont beaux et agréables à regarder alors pourquoi faire des deux protagonistes principaux des personnages fades et aussi peu charismatiques. C'est réellement une énigme pour moi. Les versions que j'étudierai plus tard sont moins fidèles au livre mais tellement plus agréables à voir !!

Vouloir coller au texte à tout prix est un acte courageux pour ce livre difficile qui aborde de nombreux thèmes parfois dérangeants:


Tous ces thèmes sont traités plus ou moins en profondeur ce qui explique le format en six épisodes.

Ce qui est troublant aussi se sont les longueurs dans certaines scènes. En effet le scénariste a fait presque un épisode sur un seul chapitre du livre, la visite de la maison de M. Rushworth. Je suppose qu'il voulait « installer » le début de la liaison entre Maria Bertram et M. Crawford, mais cela est un peu long et rend le scénario très mou, surtout cette scène du banc avec Fanny à côté de cette maudite grille fermée à clé.

Il y a un autre personnage à la fin du feuilleton pour lequel il est impossible d'avoir de la sympathie. Il s'agit de M. Price le père de Fanny. Le scénariste en a fait un être grossier et vulgaire. Jane Austen le montre peu à son avantage dans ses descriptions mais de là à en faire cette caricature grotesque !!! C'est tout à fait déroutant.

Je pense que ce casting est certainement à l'origine du peu de succès de cette version de Mansfield Park. Les suivantes tout en étant plus polémiques et plus sujettes à critique quant au respect de l’œuvre originale seront d'une qualité supérieure.

Les_personnages_masculins :



Edmund Bertram

(Nicholas Farrell)

Interprété par Nicholas Farrell, la qualité de son jeu n'est pas à remettre en cause. Il est comme l’aurait souhaité Jane Austen : calme, attentionné avec sa cousine Fanny comme le veut le livre. Mais comme je l'ai fait remarqué plus haut, le maquilleur ne devait pas être bien réveillé. Il a le teint rougeaud, la coiffure très négligée et le regard vide en permanence. Même dans les scènes qui réclameraient un peu de tendresse, son regard ne s'anime jamais.

(une exception il regarde
Mary amoureusement))
(que dire du maquilleur qui laisse
passer de telles couleurs!!)
(à peu près correct)
(toujours ce teint bizarre)

Sa profession de pasteur n'est évoquée que pour donner une bonne raison à Mary Crawford de se moquer de lui. Son ordination est juste annoncée par quelques mots.

(il vient juste d'être ordonné)

On se demande pourquoi après avoir fait d'Edmund un jeune adolescent gentil et agréable, ils ont transformé le jeune homme qu'il est devenu en un personnage triste et sans charisme.

On a parfois l'impression qu'il s'ennuie alors qu'il a le plus beau rôle masculin du film. Alors que Fanny lui lance des regards très amoureux, il reste imperturbable même après qu'il ait renoncé à son amour pour Mary Crawford.

Je suppose que c'est une volonté du scénariste et du réalisateur car sa filmographie plaide en faveur d'un acteur au rôle exigeant et parfois difficile.

Dans cette version ou la pièce de théâtre est très importante, ils lui font jouer son rôle avec beaucoup de solennité. Quand il vient chercher la « bénédiction » de Fanny pour jouer dans la pièce de théâtre, les scénaristes lui en ont fait faire des tonnes surtout lorsque fidèle à ses principes, elle refuse de lui donner raison.

Lorsque Sir Bertram organise un bal en l'honneur de Fanny et de son frère William, même là il est d’une tristesse et d'une résignation peu crédible. Il ne semble s'amuser que lors de sa danse avec Fanny.

(il danse avec la femme dont il se croit amoureux!!)
(enfin il sourit il danse avec Fanny)

Enfin la confession de son entrevue avec Mary Crawford auprès de Fanny est exactement comme dans le livre : un jour de pluie, un décor triste à mourir et une mélancolie palpable quasi insupportable tant nous savons tous combien les sentiments qu'il éprouvait pour Mary était non mérités.

A sa décharge il sait faire preuve d'autorité et de fermeté pour défendre sa cousine Fanny surtout quand sa tante Norris essaie de faire lui des misères. Il sait s'imposer par une douceur et un calme qui lui donne toujours raison au grand désappointement de cette cette mégère haineuse et radine. Dans ces moments là, on retrouve le Edmund tendre et protecteur que nous souhaitons toutes.

Dans cette série de photos il tient tête à sa tante et son regard satisfait au dessus de son livre nous montre qu'il est content de lui pour une fois.

Les scénaristes ont quand même permis un moment de douceur quand il offre à sa cousine la chaîne en or pour la croix que son frère William lui a offerte. Même s'il pense plus tendrement à Mary qu'à sa cousine, il a tout de même un geste de tendresse pour Fanny. Ce moment sera chéri à jamais par Fanny.

La seule note de tendresse se tient dans ses quelques plans ou Fanny et lui se retrouvent à Porthmouth.

Quand il lui raconte sa dernière rencontre avec Mary, à la fin du récit elle lui sourit doucement et il lui prend enfin la main tendrement laissant supposer la suite de l'histoire.


Le manque de spontanéité dont fait preuve Edmund dans cette version est certainement dû à cette volonté de coller à l’œuvre originale.

Sir Thomas Bertram

(Bernard Hepton)

Bernard Hepton acteur austiennien lui aussi, joue Sir Thomas Bertram. Il joue avec beaucoup de conviction son rôle de patriarche sûr de lui. Il sait exprimer l'amour qu'il a pour les siens. Sa tendresse pour sa famille est visible et les scénaristes ont laissé paraître ses sentiments dans plusieurs passages du film :

L'arrivée de Fanny qu'il essaie de mettre à l'aise en présentant sa famille.

L'invitation de William pour les vacances.

Le décès de M. Norris.

Son départ pour Antigua.

Le bal pour Fanny et William.



Sa douceur face aux pleurs de Fanny quand elle refuse le mariage.

Malgré une volonté de se faire obéir, il sait être tendre avec ceux qui méritent sa bonté mais il sait aussi être ferme voir méprisant quand il est déçu par Mme Norris à son retour d'Antigua.

Le jeu plein de retenue et de douceur apparente font de lui un personnage attachant malgré son obstination à faire fléchir Fanny.

Son rôle est peu être un peu en dessous de ce que Jane Austen essayait de nous transmettre. Elle le décrivait comme un homme beaucoup plus « dur » que ne le laisse transparaître cette adaptation. De même dans cette version, le voyage dans les plantations est juste évoqué comme une nécessité pour ses affaires. Cependant les problèmes liés à l'esclavage sont passés sous silence.

Le travail des scénaristes est proche de l’œuvre originale mais à mon avis, ils ont fait de Sir Thomas quelqu'un de trop « doux » et de trop charismatique par rapport aux descriptions faites par Jane Austen.

Cela étant il n'y a rien à reprocher de mon point de vue au jeu de l'acteur.

Henry Crawford

(Robert Burbage)

Interprèté par un Robert Burbage très convaincant, il est agréable à regarder et surtout il a un aplomb exceptionnel.

Il a une réelle présence dans le film.


Le contraste entre Edmund et lui est tellement flagrant que paradoxalement alors qu'il a le rôle du sale gosse, il en arrive à devenir sympathique.

Il est arrogant, beau parleur et pour tout dire très séduisant : le prototype du dragueur de nos jours.

Ce qui le stimule dans le livre comme dans cette version : c'est la chasse. Ce qui le gêne c'est une proie trop facile à débusquer.

Ce qui est bien rendu dans le film c'est l'arrogance dans son regard et son attitude. Il est absolument détestable et c'est ce qui fait aussi tout son charme. Les costumes qu'il porte sont parfois un peu bizarre dans le choix des couleurs mais son élégance lui permet de porter n'importe quoi. Pour cela l'acteur est bien choisi car il a une vraie classe naturelle.

Il arrive à conquérir toutes les filles du film et certaines scènes sont drôles tellement la « lutte » est bien rendue dans le film entre les sœurs Bertram. Pour séduire Fanny ce sera plus difficile car elle l'a surpris à son insu dans les coulisses du « théâtre »et ce qu'elle a vu l'a choquée.

Il y a une belle scène de tendresse fraternelle entre lui et Mary quand il décide de lui expliquer qu'il va essayer de conquérir Fanny.

Son attitude avec Fanny quand il obtient le brevet de lieutenant de marine est assez délicate et il est relativement tendre avec elle quand il cherche tout doucement à la séduire et fatalement il tombe amoureux d'elle.

(il explique à Fanny qu'il a obtenu le brevet de lieutenant de William
pour elle uniquement et lui fait comprendre qu'il souhaite l'épouser)
(sa réaction le déstabilise)

Quant à son attitude face au père alcoolique de Fanny, elle est toute en distinction.

Par contre quand il rencontre à nouveau Maria sont côté suffisant et irritant reprend le dessus rapidement.


Son interprétation est juste et toute en finesse.

Encore une fois le sale gosse de l'histoire tout en étant « énervant » est très attachant.

Pas d'image...

James Rushworth

(Jonathan Stephens)

Jonathan Stephens prend les traits de James Rushworth.

Il est conforme à ce que l'on attend de lui. C'est un homme gentil dont le charme réside principalement dans son domaine et sa fortune personnelle comme le remarque justement Edmund avec il faut bien le dire très peu de charité chrétienne pour un futur pasteur.

Il est visiblement amoureux de sa fiancée et ne se rend pas compte qu'elle ne l'épouse que par dépit et frustration lorsque Henry ne se déclare pas comme elle l'espérait.

Par contre, il sera intraitable lors de son divorce soutenu en cela par une mère très présente dans sa vie et qui ne fera rien pour essayer de « recoller » les morceaux.

Il joue très bien son rôle et il a su rendre le côté un peu lourdeau que l'on attend de ce personnage.

M. Price

(David Buck)

David Buck, (1936-1989) endosse le rôle de M. Price avec une exagération parfois dérangeante. En effet comme je l'ai dit précédemment, Jane Austen ne faisait pas un portrait flatteur du père de Fanny mais le scénario a fait de lui un poivrot grossier, éructant et crachant. Il essaie de retrouver un semblant de dignité quand Henry Crawford arrive pour voir Fanny.

Quand elle revient chez elle on sent bien qu'elle est dérangée par son attitude et fait même mine de l'éviter quand elle le croise sur les quais du port de Porthmouth.

Un rôle bien interprété mais dérangeant au possible.

William Price

(Allan Hendrick)

Le rôle de William Price est confié à Allan Hendrick, et bien que relativement court, l'acteur, sans avoir un physique extraordinaire se révelera sympathique. Il est le frère de Fanny et joue avec conviction. On sent William content de revoir sa sœur et il est très heureux de sa promotion au grade de lieutenant. La croix d'ambre qu'il offre à sa sœur sera à l'origine de soucis pour elle.

Tom Bertram

(Christopher Villiers)

Christopher Villiers joue Tom Bertram. Il est l'héritier de Sir Thomas et son rôle est limité à celui du jeune dandy désœuvré qui amène sa famille au bord de la ruine. Quand les affaires reprennent aux Antilles, il rentre pour se relancer dans sa vie futile. C'est lui qui conduira toute la famille à faire n'importe quoi avec la pièce de théâtre et la seule qu'il n'arrivera pas à enrôler sera la douce Fanny. Sa maladie aura pour heureuse conséquence le retour de sa cousine à Mansfield Park.



a gauche



A gauche

C'est un acteur qui joue très correctement son rôle et il a le physique de l'emploi à n'en pas douter.

M. Yates

(Robin Langford)

Il est interprété par Robin Langford. Son rôle est lui aussi très court et il saura quand même séduire Julia Bertram. Comme il joue le rôle d'un acteur à l’intérieur même du feuilleton il est difficile de juger son jeu qui semble quand même convaincant.

A gauche
(avec Julia à gauche)
(après le mariage
secret en Écosse)

Charles Price

(Jonny Lee Miller)

C'est le jeune Jonny Lee Miller qui va être brièvement le jeune Charles Price. La encore, son rôle étant très court, il est impossible de juger de sa capacité et de son talent naissant. En effet il n'est qu'un gamin turbulent.

Seize ans plus tard il aura le superbe rôle de Edmund Bertram et c'est à mon avis le meilleur interprète de ce rôle.


Les_personnages_feminins :



Fanny Price

(Sylvestra Le Touzel)

Sylvestra Le Touzel prend le rôle de Fanny. C'est une actrice austinienne elle aussi.

J'ai tout de même réussi à trouver quelques photos ou elle sourit un peu mais cela ne reflète pas son air triste quasiment permanent.


Elle joue très bien à n'en pas douter. Cependant comme je l'ai expliqué plus haut, même si le rôle est celui d'une jeune fille effacée et reconnaissante des bontés de son oncle, il est difficile de supporter son air effarouché. A force de vouloir avoir l'air effacé, les scénaristes l'ont rendu presque insupportable. On a envie de la secouer pour lui dire que la vraie vie existe et qu'elle devrait se rebeller et foncer dans le tas pour faire cesser certaines vexations inutiles.

Son attitude vis a vis de Mme Norris est par trop désuète. Même à cette époque, j'ai peine à croire qu'elle aurait supporté avec autant de flegme les méchancetés de sa vipère de tante.

Mis à part ce côté trop calme, elle joue bien le rôle tel que Jane Austen l'a décrit. Elle est douce et calme, très éprise de son cousin et totalement incapable de le lui faire comprendre. Elle se cantonne à quelques mots ou gestes de tendresse et souffre en silence régulièrement :

  • - Les méchancetés de sa tante

  • - Edmund qui prête son cheval à une autre

  • - La présence quasiment permanente de Mary

  • - L'insistance de son oncle à vouloir lui faire épouser Henry

  • - Son retour forcé à Porthmouth

  • - Les malheurs de son oncle

  • - La douleur de Edmund qui souffre à cause de Mary

Tout pour elle est source de tourments et de chagrin. Mais elle sait se contenter de petites choses qui lui font plaisir surtout quand elles viennent d'Edmund ou de son frère William.

Mais elle a aussi une grande force de caractère quand on essaie de la forcer à aller contre ses principes.

Elle sera capable de tenir tête à toute la famille, sa tante Norris étant la plus teigneuse de la bande.

Elle sera tout aussi ferme dans ses convictions quand son oncle essaiera de la marier à quelqu'un qu'elle n'estime pas digne de confiance.

Enfin quand Edmund lui dira sa détresse face à l'attitude de Maria Crawford elle saura encore une fois être la fidèle amie qui écoutera les confidences tout en refrénant sa propre douleur.

Sa douceur et sa tendresse sauront peu à peu convaincre son cousin.

Toutes ces attitudes douces et délicates sont magnifiquement transmises par Sylvestra Le Touzel. Elle a su exprimer par son jeu délicat (peut-être trop délicat) ce que Jane Austen voulait nous montrer de Fanny. Cependant les réalisateurs ont à mon avis un peu forcé le trait comme pour Nicholas Farrell.

L’ensemble est sympathique à regarder mais il nous reste une sensation de rôles « sur-joués ». On a parfois l'impression d'assister à une pièce de théâtre antique mal interprétée. Ce qui est regrettable c'est que cette sensation ne s’applique qu'à Fanny et Edmund.

Maria Bertram

(Samantha Bond)

Avant de devenir, dans quelques années, Miss Moneypenny, la fidèle secrétaire de l'agent 007, Samantha Bond est Maria. Nous aurons l'occasion de la retrouver dans d'autre personnage de Jane Austen.

Les scénaristes ont su trouver la jeune fille qui convenait pour ce rôle. Elle interprète avec beaucoup de justesse et d’espièglerie le rôle de Maria. Un simple regard ou un petit sourire permettent de comprendre ce qu'elle ressent surtout quand il s'agit d'ennuyer ou de jalouser sa jeune sœur. Pour preuve ses attitudes lors de la visite chez son fiancé. A l'aller elle en veut à sa sœur d'être assise à côte de Henry Crawford, mais son petit air satisfait au retour prouve bien qu'il s'est passé quelque chose d'important pour elle dans les bois derrière la fameuse grille.

A l'aller air triste
L'air supérieur.
Elle franchit l'interdit !
Au retour ravie de son après midi avec Henry Crawford.

Il en est de même lors de la distribution des rôles pour la pièce de théâtre. Quand sa sœur s'énerve et refuse de jouer on sent qu'elle jubile totalement.


Une nouvelle fois ravie que son frère lui donne le rôle principal avec Henry.

Julia Bertram

(Liz Crowther)

Liz Crowther s'est vu confier le rôle de Julia Bertram.

(Outrée de ne pas avoir eu le rôle avec Henry)

Son jeu se claque sur celui de sa sœur dans l'histoire. En effet en général, quand l'une est heureuse, l'autre forcément est insatisfaite. Elles sont en perpétuelle bagarre. Cette façon d'agir est le résultat néfaste de l'éducation transmise par Mrs Norris qui a toujours préféré Maria obligeant Julia à lutter pour simplement exister aux yeux des autres. Liz Crowther s'en sort plutôt bien car le rôle n'est pas forcément facile tant elle semble jalouser Maria.

Mrs Norris

(Anna Massey)

Anna Massey joue à merveille Mrs Norris, cette vieille sorcière qui n'aura pour seule joie dans l'existence que d'empoisonner la vie de Fanny et de gâter outrageusement ses nièces capricieuses Maria et Julia pour le résultat peu glorieux que nous connaissons.

La seule photo de sourire avec Fanny.
(Vu son air outragé elle n'a
pas eu raison contre Fanny)

Elle joue son rôle à la perfection : mielleuse devant Sir Thomas et Lady Bertram car elle vit sous leur toit, scandaleusement permissive avec Maria, flattant ceux qui peuvent lui servir comme les Rushworth ou les Crawford et parfaitement infecte avec la douce Fanny qui est son terrain de jeu favori. Cela n'a pourtant rien de glorieux car l'adversaire n'est pas bien difficile à vaincre mais le sort de Fanny lui rappelle trop sa place dans la famille Bertram certainement : elle aussi vit de la charité des autres.

Le retour de bâton sera violent pour elle par deux fois, la première au retour de Sir Thomas d'Antigua.

Le second affront lui viendra de Fanny indirectement. Quand Maria aura fait sa fugue, elle dira à Sir Thomas que cette fugue est de la faute de Fanny qui a refusé d'épouser Henry Crawford. Sir Thomas ayant enfin compris que Fanny a échappé au pire en refusant ce mariage, et considérant désormais sa nièce comme la fille qui souhaiterait avoir, propose d'une façon impossible à négocier pour Mrs Norris d'aller rejoindre sa nièce chérie dans son exil doré.

La comédienne a un rôle difficile car peu enviable. Mais elle a cette capacité de passer de la plus profonde gentillesse à la hargne la plus totale en un seul regard. Une vraie performance d'actrice.

En tant que spectatrice on a parfois envie de secouer Fanny pour lui dire de se bouger face à cette mégère en jupon.

Mary Crawford

(Jackie Smith-Wood)

Jackie Smith-Wood va interpreter Mary Crawford, et trouvera le ton exact pour son personnage. Elle est belle on ne peut pas le nier et on comprend pourquoi Edmund tombe amoureux d'elle.

Elle est à la fois ange et démon mais avec beaucoup de finesse. Ce rôle est difficile car il faut jouer double jeu en permanence. En effet elle et son frère sont des mondains un peu libertins mais ils doivent aussi, surtout elle, respecter les codes de la bienséance de l'époque. Quand elle se dit attristée de l'état de santé de Tom c'est en fait au titre de baronnet qu'il pourrait laisser vacant, qu'elle pense. Elle est en fait très intéressée car bien que riche elle n'est pas forcément de noble lignée et si les choses tournaient mal pour Tom, le petit pasteur de campagne pourrait bien devenir le beau parti de la région. C'est ce genre de calcul et son refus de blâmer Henry et Maria qui auront raison des sentiments d'Edmund.

Ces photos du film sont vraiment calqués sur le livre.

Les explications de Mary

Les réactions d'Edmund

La stupéfaction de Mary qui ne comprend pas

Le départ d'Edmund

Mary essaie de le retenir

Je trouve cette actrice parfaite pour le rôle et les costumes choisis pour elle savent la mettre en valeur tout le long du film.

Lady Bertram

(Angela Pleasence)

En 1983, c'est Angela Pleasence qui est Lady Bertram. Je pense que pour ce rôle, des limites ont été franchies dans l'absurde. A quoi rime cette attitude que les scénaristes lui ont fait jouer ? Même si Jane Austen en a fait une femme très douce, résignée voir franchement fainéante, pourquoi en avoir fait cette écervelée complètement allumée à la limite de la bêtise.

Elle ne fait rien, a parfois le regard vide et ne sait même pas ramasser son ouvrage quand il tombe.

Elle redevient humaine cinq fois et pour un temps très court :


Au décès de son beau-frère

Au départ de son époux et de son fils vers Antigua.

Au retour de Tom quand celui-ci est très malade.

Quand elle apprend la conduite scandaleuse de ses filles à Londres.

Au retour de Fanny ou enfin elle reprend vie pour quelques instants.

Le rôle est irritant en lui même et sans parler de cette voix !!! Un monument de bêtise selon moi.

Comment une femme aussi belle et riche peut-elle rester ainsi alanguie sur son sofa sans essayer de sortir de chez elle...

J'ai du mal à saisir la volonté des auteurs du film... peut-être voulaient-ils faire ressortir la différence de classe sociale entre elle et sa sœur toujours en mouvement telle une servante dévouée qui finit par s'installer sous son toit !! Mais là encore je crois qu'une attitude un tout petit plus ferme aurait été tout aussi crédible.

Angela Pleasence interprète merveilleusement son rôle de fofolle évaporée malgré tout. Et quand on connaît sa filmographie, on peut considérer ce rôle comme une grande performance d'actrice.

Mrs. Price

(Alison Fiske)

Alison Fiske se charge du rôle.

Son rôle est assez court mais on ressent bien dans le jeu de l'actrice qu'elle défend sa progéniture restante avec force. Pour elle William et Fanny sont « casés » donc elle reporte son attention sur les autres. Elle n'aura pas plus de regret de voir partir Susan, cela lui fera une bouche de moins à nourrir. Bien sûr tout cela n'est pas dit mais est finement suggéré par sa gestuelle vis a vis des autres enfants.

On sent aussi la volonté des scénaristes de rappeler que Mrs Price est issue d'un milieu social aisé. Son intérieur bien qu'en désordre n'est pas totalement miteux et contrairement à son époux elle garde une certaine élégance naturelle. Cela permet de faire ressortir le contraste entre elle et son alcoolique de mari.

Susan Price

(Eryl Maynard)

Susan Price est interprétée par Eryl Maynard. Elle joue bien son rôle de la petite sœur que Fanny, à son retour à Porthmouth, prend sous son aile pour essayer de lui insuffler un peu de classe et d'élégance.


Elle est vive et sans être très jolie est agréable à regarder. Son air ravi en arrivant à Mansfield Park montre bien comme l'a fait Jane Austen qu'elle n'aspirait qu'à quitter sa condition misérable ce dont sa mère est évidement consciente car elle la laisse partir sans chercher à la retenir.

Mon avis général sur le film :

J'ai déjà eu la malchance de ne trouver qu'un DVD en anglais sous titré anglais. J'ai trouvé cette version très fidèle au livre, peut être trop. Ce film est long, le rythme est absent et cela nuit évidement à la qualité. Ce que je trouve très difficile à supporter c'est cette différence que j'ai déjà soulignée entre les acteurs. D'un côte Sylvestra le Touzel et Nicholas Farrell, tristes, filmés sous une lumière blafarde qui ne les avantage pas et de l'autre Jackie Smith-Wood et Robert Burbage souvent filmés en extérieur ou dans des décors lumineux les mettant en valeur. On aurait presque l'impression que les scénaristes ont inversé les rôles pour le faire exprès et tromper le spectateur.

Je m'explique :

Les gentils : Edmund et Fanny dans un décor sombre et renfermé sur eux mêmes,

Les affreux : Henry et Mary dans la lumière et la beauté de leur jeunesse.

Les scénaristes ont oublié que Sir Thomas à son retour d'Antigua a reconnu comme le fera un peu plus tard Edmund lui même, que Fanny est devenue une jolie jeune fille. Si Henry tombe amoureux d'elle sachant qu'elle n'a pas de fortune, cela ne peut être uniquement par pure vanité. Il est trop mondain et sûr de lui pour tomber amoureux d'une fille triste et aussi « terne » que ce que nous présente le film. Alors je me suis posée la question et je me la pose encore aujourd'hui : pourquoi avoir fait des deux acteurs principaux des personnages aussi fades sachant que les comédiens choisis sans être particulièrement beaux pourraient parfaitement être mis en valeur.

A ces mots vous comprendrez que cette version de Mansfield Park n'est pas ma préférée loin de là mais c'est tant mieux : le meilleur reste encore à venir !!!!

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